Dimanche 29 octobre 2006 7 29 10 2006 21:53

Bonjour à tous

Devant les remarques que j'ai reçues, m'exortant disons, fortement, à donner des nouvelles, je me dois de donner quelques explications sur mon silence radio.

Première chose, je voulais  vous montrer de nouvelles photos de la ville, de Wannsee et de l'ambassade, mais ma carte d'appareil m'a honteusement lâchée : elle faisait bugger mon appareil photo, et mon ordinateur ne la reconnaissait pas. C'est un peu gênant, mais j'en ai racheté une nouvelle, dc tt va bien. Deuxième chose : j'ai été occupé entre la travail, les sorties, et une vague flemme de me poser devant mon ordi pour raconter ma vie. Cela fait une très habile transition vers le troisième point : si je n'ai pas donné de nouvelles, c'est aussi que je n'avais rien à dire! Bon, j'exagère un peu. Mais il ne me semble pas absolument passionant pour vous de connaître par le menu le nombre de parties de pétanques auxquelles j'ai joué, le nombre de cuites que j'ai prises et le nombre de réceptions auxquelles j'ai été invité. Il faut également que je vous fasse part d'un événement qui m'a largement perturbé : la maladie de Moufette, la chienne de Rika Zaraï. Je tiens ici à rassurer mon Thibaut préféré : ses jours ne sont plus en danger.

Bref, je n'ai pas donné de nouvelles, faute d'événement cataclysmique, ou au minimum intéressant, qui vaille la peine d'être raconté. Mais je conçois que vous ne puissiez pas vous passer de ma présence, même virtuelle, et je vais servir une fois de plus ma prose enjouée, fine et élégante.

En l'absence de grive, on mange des merles comme dit la sagesse populaire (qui confère souvent au crétinisme le plus absolu, mais en l'occurence, ca se tient). Je vais donc, faute de mieux, vous livrer mon sentiment sur le bouquin qui fait fureur en France en ce moment :  Les Bienveillantes, de Jonhatan Littell.

Cet énorme pavé (898 pages), est sorti en France fin août, aux éditions Gallimard. C'est la première oeuvre de Littell, romancier américain, mais écrivant en Français. Cette fiction raconte la vie de Maximilien Aue, officier SS éduqué en France durant son enfance, qui a été aux premières loges des événements marquants de la seconde guerre mondiale, quand les allemands avaient un petit contentieux à régler avec les Juifs : campagne de Russie, Stalingrad, Auschwitz... Aue, docteur en droit et intellectuel du parti, aurait donc été en première ligne de la mise en oeuvre de l'horreur exterminatrice des nazis, mais réussira néanmoins à sauver sa peau et à faire carrière dans une entreprise de manufacture de dentelle Franco-allemande. Le but de cet ouvrage mélangeant fiction et réalité est, vous l'aurez compris, de démontrer ce qu'Hannah Harendt a appelé la "banalité de mul", i.e comment des hommes éduqués, intelligents et fondamentalement humains (ce ne sont pas des monstres insensibles) ont pu en arriver à réaliser le plus grand génocide de l'Histoire? Vaste programme, comme disait l'autre, déjà traité par les philosophes Hannah Arendt la sus-nommée ou Léo Strauss, et surtout par les historiens : Raoul Hilberg (La destruction des juifs d'Europe), Robert Goldhagen (Les bourreaux volontaires de Hitler), Götz Hali... La recherche française s'est surtout portée sur les racines de l'antisémitisme allemand (allez voir Bensoussan ou Taguieff). Bref, un sujet largement traité par les sciences humaines, mais peu, à ma connaissance, par la littérature (les oeuvres allemandes telles que celles de Günter Grass, notamment, sont plus portées sur la réflexion "Que faire avec ce passé?" que "comment avons-nous pu faire ca?" ). 

 La première salve de compliments est venue du Nouvel Obs (dont le rédacteur en chef, coïncidence, est aussi édité par Gallimard). Le Monde des livres a suivi, avec une critique dithyrambique, annonçant pratiquement le nouveau génie de la littératiure française (un américain!), puis l'enchaînement s'est fait : tt le microcosme intellectuel de l'édition française (à l'exception notable de Libé) s'est senti obligé d'applaudir à ce roman qui "pose une question essentielle : la responsabilité d'un homme, un intellectuel par surcroît, dans la mise en oeuvre du processus génocidaire des nazis lui apparaît-elle comme une normalité -une banalité- ou celui-ci éprouve-t-il des scrupules? En d'autres termes, les nazis ont-ils eu des remords, ce qui, en miroir, pose la question de savoir si l'homme reste Homme une fois qu'il accomplit l'horreur ultime, le meurtre d'un semblable? " (Le monde des livres). Et le reste suit; notamment grâce à un marketing exemplaire (Littell a accordé une semiane d'interviews et est depuis muré dans un mutisme obstiné): 500 000 exemplaires vendus, l'ouvrage a obtenu deux prix littéraires (le Goncourt et le prix de l'académie française si ma mémoire est bonne)...Gallimard est donc content, d'autant plus que 4 éditeurs avaient refusé Les Bienveillantes auparavant. Tout ceci pour vous situer le contexte intellectuello-journalisto-économico littéraire dans lequel s'inscrit ce livre : c'est le grand succès de librairie de ce début d'année, et certains n'hésitent pas à classifier Littell comme un grand spécialiste du nazisme (ce qui est discutable), voire un penseur de la condition humaine et de la relation inter-personnelle, à soi et au monde (ce qui l'est encore plus, Littell n'est ni Malraux, ni Dostoïevski, ni Harendt, ni Lévinas).

Bref, que penser de ce charmant bouquin? Tout d'abord, il faut rendre à César ce qui appartient à Jules: Littell a fait un boulot historique exceptionnel. Il a lu ts les livres importants traitant du sujet, et nous livre donc un excellent aperçu des relations entre les différentes instances bureaucratiques (au sens large) de l'appareil nazi. On a droit aux tensions entre les waffen-ss et la wehrmacht, entre les ministres d'Etat et la SS, entre le bureau du travail (chargé de faire travailler les prisonniers au profit du Reich, y compris les juifs) et les fonctionnaires chargés de "l'Einsatz" (cad l'extermination des juifs)... Bref, cet aspect est irréprochable, d'autant plus que Littell s'amuse manifestement à nous présenter les personnages que nous sommes habitués à voir comme sordides. On a droit ainsi à plusieurs portraits (psychologiques j'entends), d'Eichmann  ou de Himmler par exemple. Mais ce procédé tourne vite à la répétition. Par exemple, dans le cas d'Eichmann, Littell passe son temps à nous répéter que ce n'était qu'un bureaucrate, excellent pour le travail de bureau, mais qu'au lieu de déporter des juifs, il aurait tout aussi bien pu compter des boulons dans une menuiserie. Même si la démonstration est classique, ca fait tjs du bien de rappeler que les juifs n'ont pas été éliminés par folie doctrinale, mais pour un pb concret de place (les nazis, qui ne voulaient pas se mélanger à eux, voulaient les déporter à Madagascar. Mais la route maritime était bloquée par les alliés. Une fois l'opération Barbarossa lancée, les allemands pris sur deux fronts n'ont plus eu de "place" pour les parquer comme ils le faisaient, et la shoah a été décidée). Mais cela tourne vite à la répétition et à la démonstration de la démonstration. Finalement, cette description perpétuelle des autres personnages sert peut-être à cacher la principale faiblesse du livre : le vide du personnage principal. Ce pauvre Maximilien Aue ne sert strictement à rien, est creux, et sans personnalité. La seule chose qu'a trouvée Littell pour lui donner un peu d'épaisseur est d'en faire un incestueux (fou amoureux de sa soeur) et qui devient homosexuel par dépit, selon une logique un peu bizarre. En effet, Aue aime sa soeur, ne peut pas la posséder, donc décide de coucher ac des hommes pour comprendre ce qu'elle ressent et être ainsi plus proche d'elle. Bon, ca vaut ce que ca vaut, je ne suis pas personnellement convaincu. Et puis il y a un immense pb historique. Cet intellectuel, ce dignitaire nazi, est tt sauf un allemand! Je m'explique. Littell aime bien citer les mots allemands qu'il a glanés au cours de ses lectures (surtout les grades militaires, ce qui est très pénible : encore un artifice cachant la non-maîtrise de l'allemand par l'auteur). Mias dès que son héros parle, ses seules références intellectuelles sont françaises, et il ne connaît qu'un seul dicton : "kriege ist kriege, und schnaps ist schnaps",, qu'il répète au moins 15 fois!! Pas une seule référence à l'univers intellectuel des nazis, pas une seule fois Nietzsche, Wagner, mais on trouve Rousseau, Proust et Rameau!!! C'est assez déconcertant. Ce personnage est vraiment creux, et il ne supporte absolument pas la comparaison avec un héros Malrussien ou Dosteïvskien par exemple.

Bref, faut-lire ce livre? En tant que lecteur, vous pouvez vous en passer. Ensuite,si vous voulez une vision claire de l'appareil bureaucratique nazi, vous pouvez vous taper l'ouvrage. L'idéal serait de lever ts les passages un tant soit peu personnels, qui ne servent à rien (comme quand Aue raconte ses rêves : à chaque fois ce sont 3 ou 4 pages totalement inutiles), pour ne garder que les moments historiques, vus par les yeux (fictifs) d'un acteur. Car ceux-ci valent vraiment le coup.

Par Montgo - Publié dans : johnpowellnachdeutschland
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Dimanche 24 septembre 2006 7 24 09 2006 18:04

Salut à tous!

Comme promis, voici le récit de mes utilisations des deniers publics, en toute bonne conscience.

Pour commencer, visite du Reichstag, le siège du Bundestag (parlement, dont l'incendie adéclenché la nuit des longs couteaux). Le colonel Pflimlin me dit mercredi dernier : "Olivier, une visite du Reichstag, ca te branche? Bien sûr, mon colonel" (pas folle, la guêpe). Donc, étant d'un esprit partageur, je préviens Kév et Matthieu, qui obtiennent les autorisations de leurs chefs respectifs, et nous partons le vendredi matin, costume cravate et badge de l'ambassade, vers ce lieu chargé d'histoire. 5 minutes à pied, et ns voici devant l'entrée, où une queue d'environ 1h30 s'est déjà formée. Mais privilégiés que nous sommes, nous faisons fi de cet amat populaire, et nous dirigeons vers l'entrée du personnel : "Guten Tag, wir arbeiten an der französiche Botschaft. -Sicher, sie sind Olivier Schmitt?". Après la fouille réglementaire, la visite peut commencer, payée par l'ambassade, avec une guide parlant français s'il vous plaît, et en évitant tt les groupes de touristes. Menu avantage, on peut voir ts les couloirs interdits au public. Pour finir, vue de la coupole, qui offre un point de vue admirable sur Berlin. Visite extrêmement intéressante, puisqu'il s'agit rien de moins que de l'équivalent de l'assemblée nationale, et qui abrite des salles en l'honneur des députés victimes du nazisme.

Au retour, le colonel, qui a apparemment décidé que je ne ferai rien ce jour-là, nous attend pour ns faire visiter l'ambassade. Nous voici donc conduits ds les salons de l'ambassadeur, les salles de réunion, etc... L'ambassadeur a une superbe bibliothèque ce connard, et des salons exceptionnels. Et on y va pour lle gaspillage de l'argent public : la table de la salle de réunion privée vaut 150 000 euros (et oui), chacune des 25 chaises qui l'entoure vaut 3000 euros, chacun des meubles des salons est une pièce unique, changer un bouleau de l'Himalaya a coûté 7000 euros, etc... C'est réellement un autre monde, mais l'ambassade est vraiment belle (il faut dire qu'après Berlin, il y a pas grand chose dans la carrière d'un ambassadeur, donc bon...). Donc journée bien sympa au total.

Les choses sérieuses commencent le lundi. Le général est invité à une réception-débat au Hilton de Berlin sur l'intervention des troupes allemandes au Congo, et me propose de venir ac lui. Tant qu'à faire, pourquoi pas? Rdv dc à 19h au Hilton, mais à 18h50, il m'appelle en me disant qu'il ne peut pas venir, et que je devrai le représenter. Ok, ca part de là. Donc je me pointe, la tête basse et un peu timide, ac mon insigne de la mismil, et ne connaissant personne (alors je calme les fantasmes tt de suite, le Hilton, c'est pas tant le luxe que ca). Après 3 minutes à poireauter, je me fais aborder par un des intervenants (un journaliste au Welt), qui me demande qui je suis, d'où je viens, etc... On commence alors à deviser de choses et d'autres (les allemands au Congo, la relation franco-allemande, etc...), et je me fais présenter l'organisateur de la soirée, M. Tschapke, président de la société prussienne (et oui...), et lui présente les excuses du général, lui expliquant qu'il ne peut pas venir, et que je le représente ce soir. Ok, la conférence commence, et là, c'est le premier drame: le journaliste de tt à l'heure commence à parler du Congo et remonte au traité de Berlin de 1888, rappelant qu'il a été signé ac la France, tout en me désignant du doigt! et hop, ca c'est fait, tt le monde sait donc que je suis le petit frenchie de service. La conférence se poursuit, et viennent alors les sempiternels remerciements. C'est le tour de M. Tschapke, qui remercie les intervenants, et a le malheur de prononcer ces mots (traduits ici) : "et j'ai le plaisir d'accueillir M. Olivier Schmitt, représentant le général de division Alain Daniel, l'attaché de défense français. M. Schmitt, si vous voulez dire quelques mots...". Et là, j'ai vu tte ma vie défiler devant moi. Il a fallu que j'improvise un discours (en allemand of course), devant des officiers supérieurs allemands, des journalistes, trois députés, et deux patrons de boîtes maquées ac l'armée allemande.   J'ai donc sorti des banalités, m'excusant de mes possibles fautes, remrciant M. Tschpake pr son invitation, disant mon plaisir d'être là, rappellant l'importance de l'Allemagne pour la France, etc... Et je crois que je m'en suis bien sorti, puisque le lendemain, dans le Berliner Zeitung, (journal berlinois), il y avait un compte rendu de la soirée et de mon intervention (ce qui m'a valu les félicitations du général). Mais pour l'heure, j'ai serré des dizaines de mains, reçu des vingtaines de cartes, et été obligé de bouffer une "spécialité berlinoise" que ces cons de teutons voulaient absolument me faire goûter (un truc ac des pommes de terre et de la saucisse, comme d'hab), et qu'il a fallu que j'ingurgite, ne voulant pas faire d'incident diplomatique après mon succès. Heureusement que le vin était bon. Je crois qu'ils ont pas compris que j'étais pas important du tt. C'est l'effet costard.

Autre avantage, la mismil est invitée jeudi à une fête au Peugeot Avenue de Berlin (le seul qui existe, ac celui des champs Elysées), en pprésence de Wax Tailor. Je décide dc d'y aller et de prévenir les autres stagiaires. Open Bar pour les invités, ca valait le coup. On a été scandaleux: on a bouffé à l'oeil les plateux entiers de petits fours, et fini complètement bourrés à coup de Bordeaux cuvée 2002 pour le rouge et 2003 pour le blanc. Mais la soirée était très bien, et Wax Tailor, même s'il a un nom de DJ de merde, est très bon. Mais c'était un peu dur vendredi matin.

Et pour finir, inauguration vendredi de l'exposistion Art France Berlin, consacrée aux artistes contemporains français, en présence de Dominique de Villepin, toujours cheveux au vent et du tt Berlin intellectuel. Evidemment je me fais inviter (les stagiaires du service culturel sont bien quand même), et c'est reparti pour une soirée petit fours. L'expo est très inégale, il y a de très bon trucs, ms aussi de très mauvais. Bref, c'est quand même sympa.

Ce W-E, repos, et Wannsee (un des lacs de Berlin) dimanche.

Voici pour mon activité diplomatique (il y en a d'autres de prévues) pour l'instant. Je mettrai bientôt en ligne d'autres photos de la ville, et des gens qu'on fréquente.

A bientôt, je vous embrasse ts.

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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 09 2006 20:09

Bon, je viens de me rendre compte que cela fait deux bonnes semaines que je n'ai rien écris sur ce blog, et que vous êtes tous en train de vous demander : "mon dieu, que deviennent-ils?, On veut la suite", etc...

Ok, je vais donc ravir une fois de plus les amateurs de beau style en racontant ma vie lourdement, mais je sais que vous aimez ca. Bon, continuons.

Je vais avais laissés en attente de mon déménagement vers mon appart définitif, me semble-t-il. Eh bien je vous rassure, je suis dedans. Il est très sympa (même s'il n'y a pas de salon) et tout neuf (sans compter tt le confort moderne: lave-vaisselle, lae-linge, internet, etc...). Mes colocs sont super sympas. Il y a tt d'abord Withney, américaine (vs vs en doutiez), qui est étudiante en échange universitaire à la Humboldt et en temps normal à Harvard. Et oui... Il y en a. Mais rassurez-vous, pas de quoi (honnêtement) être impressionné. Et Maud, française, étudiante en biologie à paris, actuellement en stage. Ttes les deux st adorables.

Bon, l'appart, ca c'est fait. Deuxième chose, le boulot.

Je vous ai déjà expliqués mon travail, on va pas revenir dessus. Mais pas l'ambiance ac les autres. En fait, il y a deux lobbies dans cette mismil: un lobbie toulonnais (l'attaché forces naval et le général), et un lobbie alsacien (l'attaché force terrestre et l'attaché air). Ca tombe bien, je suis les deux: donc je me sens à la maison, c'et assez cool. Et le taf me plaît bien. Première semaine: réception à l'ambassade Ukrainienne pour la venue du ministre indien de la défense, assez sympa. Et ainsi de suite.

Sinon, on a fini par rencontrer d'autres stagiaires, évidemment. Outre Aude, qui bosse ac moi à la mismil (IEP Bordeaux), les gens ac qui on traîne le plus sont Céline (IEP Lille), Matthieu (IEP Lyon), Ludivine (IEP Grenoble) et Aurore (ENS Lyon). Matthieu est à la chancellerie et me rejoindra à la mismil quand aude partira en décembre, et les autres sont au service culturel, ce qui ns fait bien rigoler. En effet, imaginez vous que ces branleurs n'ont rien trouvé de mieux à faire faire à une normalienne que coller des enveloppes! La pauvre Aurore est folle de rage. Je vous jure que on peut virer la moitié des gens du service culturel, et l'action diplomatique de la France en allemagne ne sera pas changée. Enfin bon...

Donc tt un groupe de gens bien sympas. La soeur de kév est venue pendant quatre jours, et elle est remplacée depuis le mercredi 20 par stéph. Voili voilou, je vous raconterai plus tard comment on a visité le reichstag aux frais du contribuable, comment on gaspille les deniers publics pour une ambassade et comment il a fallu que je fasse un discours au Hilton de Berlin (et oui...). Mais pour l'instant, j'ai faim (il paraît que je dis tt le temps ca).

Par Montgo - Publié dans : johnpowellnachdeutschland
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Dimanche 3 septembre 2006 7 03 09 2006 18:18

Soir du premier jour de travail, on va au ciné ac kév. Miami vice en VO non sous-titrée. Le cinéma est immense, ca fait très cinéma à l'américaine, ac écran géant (j'en ai jamais vu d'aussi grands), salle géante etc.. Tt est immense: pr vs donner une idée, un pop corn moyen et un pepsi moyen font 1 litre (!) chacun, à des prix défiant tte concurrence.  Autre point marrant, il va y avoir des élections municipales à Berlin. Et les partis ont le droit de faire de la pub ds les cinémas (inconcevable en France). Je me souviens surtt du clip du SPD (les socialistes), présentant un mec en costard, très sécuritaire (très CDU), qui parle, qui parle et l'Ours de Berlin s'aproche (le symbole de la ville est un ours) et lui file un coup de tête à la Zidane. Vraiment très drôle. Ms le parti le plus drôle ce sont le verts. Une de leurs affiches dit: "avant de voir rouge, votez vert" (le maire de Berlin est socialiste dc rouge, homosexuel notoire, et grand copain de Delanoë, c pas une blague); et une autre dit "Schneller, Besser, Schneider", ce qui signifie plus vite, mieux, Schneider (c'est le nom du candidat et comme vs l'avez compris, le -er est le superlatif en allemand). Bref, plein de blagounettes comme ca. A défaut de servir à quelque chose, les verts font au moins rire. Si seulement on avait en France un parti qui ns fasse rire: ah oui, ya Arlette et Besancenot. Les autres ns font pleurer. Bon, la séance commece, mais Jean Mineur me manque: 01 47 20 00 01.

Le film est sympa. On reconnaît la patte de Mann à chaque plan, on retrouve ses éléments favoris: les scènes en boîte de nuit, les hélicoptères survolant la ville plongée ds le noir, un canidé seul au milieu de la route... Bref on est pas dépaysés, ms c peut-être le défaut du film. Il est extrêmement bien maîtrisé artistiquement, au détriment du reste. On se branle complètement de l'histoire, on en est limite réduit à attendre une nouvelle prouesse technique. Autant Collateral était un film présentant deux mondes totalement inconciliables, autant Miami Vice est un film du mélange. On ne sait plus vraiment qui sont les flics et qui sont les méchants, et on s'en fout. Ceci est symbolisé (selon moi) par deux scènes: lorsque Foxx et Farrell échappent au radar en se calant sous un avion (la fusion des mondes est montrée par la fusion des échos radars), et lorsque le truand regarde Colin Farrell à la caméra, ce qui est pr le moins une inversion des rôles. Ms contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, il n'y a aucune réflexion, même légère, sur la pente descendante qu'est une infiltration. Les flics ne se demandent jamais si ce qu'ils font est moral, s'il y a une limite à faire le mal pour faire le bien, si les mondes de la police et du crime sont si étanches... alors que les films d'infiltartion se prêtent en général à ca. Ici rien, nada. Les ressorts de l'histoire dépendent des relations des héros ac leurs compagnes (le couple que forment Colin Farrell et Gong Li et l'enlèvement de la copine de Jamie Foxx), et non pas de l'action des héros eux-mêmes. Je l'ai dit, Michael Mann ns offre un film très maîtrisé qui a malheureusement tendance à se transformer en démonstration de talent. Ms c'est l'occasion de voir un Colin Farrell au brushing parfait, un Jamie Foxx dt le jeu se contente de crisper de temps en temps la machoire pr se donner un air viril et pensif, et un superbe travail sur la photo et le montage. Honnêtement, on ne s'ennuie pas, ms le film souffre selon moi du manque de travail sur les personnages. Bref, un bon film, que je vs conseille, ms pas un chef d'oeuvre.

Après la séance, ns allons ds Oranienburgerstrasse, qui est une rue branchée de Berlin. Il y a bcp de bars, bcp de jeunes, des squats culturels très sympas, et des prostituées (la prostitution est réglementée en Allemagne), ce qui ns a valu une scène assez marrante. En sortant du métro, ns tombons sur une de ces travailleuses de la rue, qui ns aborde ac un grand sourire (elle est vraiment très jolie). On s'arrête en bon français pas habitués à en rencontrer, et elle ns demande si on veut avoir du bon temps.  Je comprends alors de quoi elle parle, ms pas kev. Ce couillon croyait kel faisait la pub pr un club et après lui avoir dit que ns étions français (ce qui lui éveille un sourire convenu du genre: vs êtes français, dc vs baisez), il lui demande où est son bar! Bonne blague, puiskel lui répond un peu surprise ke c un hôtel. Je vs jure que kev a changé de tête. Bon, scène bien drôle, on s'éclipse et on rentre ds un bar aux cocktails à 3 euros. On se pose ms c le drame: je n'avais bouffé que des pop-corns et l'alcool a eu un effet ravageur. A la moitié du verre j'étais bien, et à la fin j'étais franchement bourré, ce qui m'était rarement arrivé à ce point-là. G pas pu bouger avant une heure, je me suis planté e métro pr rentrer, et finalement je me suis tapé 3/4 d'heures de marche à tourner en rond ds les rues autour de mon appart sans le retrouver. Je vs raconte pas le lendemain matin!

Bon, le lendemain, après avoir décuvé, on se retrouve ac kév, et on se balade, une fois de plus. On va voir le Zoo de Berlin (qui a le plus d'espèces différentes au monde), on mange à côté et on trouve des boulistes: je vs jure que ca existe à Berlin! Dc pas dépaysés, on commence à jouer, et ils jouent bien ces cons. Je vs promet que kév et moi on s'est arrachés, on a vraiment bien joué, rien à faire: on a tt perdu. Les scores: 13-9, 13-9, 13-1, 13-8, 13-6, 13-11. Au moins on perdra pas notre niveau et on sera bons pr le crit.  Bref aprem bien sympa ac eux, ils ns invitent à boire et à un tournoi le vendredi d'après... Super journée. Soirée ds un bar d'une autre rue, bcp moins huppée que la Oranienburger strasse, ms aussi bcp plus sympa. Ensuite, dimanche à rien foutre, à part taper sur mon blog (et enfin réussir à mettre en ligne ces putains de photos). Voili, demain boulot à 8h30, et j'emménage bientôt ds mon appart. Vs serez au courant.

Je vs aime, vs embrasse et vs dit à bientôt.

Montgo

 

Par Montgo - Publié dans : johnpowellnachdeutschland
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Dimanche 3 septembre 2006 7 03 09 2006 17:50

Récit du premier contact ac notre boulot.

Ns arrivons à l'ambassade à 10h50, et attendons kon vienne ns chercher, après les formalités d'usage (prise des CI, appel aux services concernés etc...).

On vient dc me chercher, et on me laisse entre les mains de l'autre stagiaire (Aude), qui me fait visiter la mission. Je rencontre dc le général, le colonel ac qui je vais travailler, le capitaine de vaisseau et le colonel de l'armée de l'air, et les sous-offs. L'impression générale est excellente. Les gens st très gentils, et les officiers st extrêmements brillants, cela se voit tt de suite. Aude m'explique alors mon travail. Je vais devoir à partir des revues de presse (qui st faites chaque matin par les sous-off où les stagiaires à partir de 7h30, sur un système de roulement ppar semaines, cad que une semaine sur 3 environ je devrai être à l'ambassade à 7h30), rédiger une note d'information hebdomadaire qui sera donnée à l'ambassadeur, à la Délégation aux Affaires Stratégiques (la DAS) et au Chef d'Etat Major des Armées (le CEMA). Comme l'Allemagne est notre premier partenaire et notre premier ami et allié, on me fait bien comprendre qu'il vaut mieux qu'elle soit de qualité, étant donné le public auquel elle s'adresse. Je dois également ppréparer les réunions du mardi et du mercredi entre le général commandant la mismil et l'ambassadeur, et rédigeant l'ordre du jour à partir de ce qui me semble important ds l'actualité. Je dois aussi veiller à la bonne collaboration entre officiers français et allemands et, à ce titre, je serai détaché environ une fois ts les mois ou ts les deux mois auprès des officiers de liaison qui travaillent à l'Etat Major commun. Enfin, une fois par moi, je dois rédiger une note d'une quinzaine de ppages sur un sujet qu'on me donnera. Bref, ppas le temps de chômer: la mismil a les horaires les plus pourris de l'ambassade: 8h30-17h30 (au plus tôt) ts les jours, sans compter les semaines où on est de revue de presse où on commence à 7h30. C pas les 35 heures, ms c vraiment intéressant. Autre bonne nouvelle, j'apprends que le lendemain (cad le jour où je commence), le général obtient une étoile supplémentaire (il passe de général de brigade à général de division), et que ts les vendredis, la mismil offre un petit déjeuner. Ca commence bien je trouve.

Je sors de l'ambassade vers 12h, et ns passons ac kev l'aprem à rien foutre, à ns balader. LLe soir, ns dînons ac une copine qui est doctorante et qui vis à Berlin (ds le cadre de sa thès sur le rôle de la coopération franco-alemande ds la construction de la défense européenne), qui est très brillante et absolument adorable, et qui connaît déjà ts les gens ac qui je vais travailler. Très bonne soirée, et je me pprépare à bosser le lendemain, ce qui ne m'est ppas arrivé depuis longtemps, voire jamais arrivé.

Dc lendemain, costard-cravate, je me pointe à 9 heures à l'ambassade. Pdt une demi-heure Aude me fait refaire le tour du propriétaire, et vient le petit déjeuner du vendredi et de remise des galons. Très sympa, le général me présente et m'offre les insignes de la mission militaire (un pins noir ac le nom de la mismil, et deux pins représentant l'amitié franco allemande) en m'expliquant que j'en aurai besoin lors des rencontres ac les officiers allemands. Puis le colonel me reçoit ds son bureau, pdt trois quarts d'heure. Il est absolument adorable, me pose 10 000 questions sur ce que je suis, pkoi je suis ici etc... et me donne qques conseils de boulot. Une fois la discussion finie, g encore des paperasses à remplir pour obtenir mon badge. En effet, le niveau où je travaille est sécurisé et seuls peuvent y accéder le service de sécurité intérieure, la mismil et les "statistiques", cad la DGSE. Une fois le badge en poche, il est l'heure de déjeuner, ac aude et un autre stagiaire. L'après-midi, je commence par un briefing d'une demi-heure de la DGSE sur la sécurité. En effet, je vais voir des informations classifiées, et ils insistent lourdement sur cet aspect: je dois fermer ma gueule. Je ne peux rien sortir de l'ambassade, je n'ai pas le droit de dire ce que j'ai écrit etc... Après ceci, autre visite, bcp plus longue: rencontre ac le général. Mêmes questions (qui suis-je...) et mêmes recommandations jusqu'au moment où on se rend compte qu'on a fait hypokhâgne au même endroit: le lycée Dumont d'Urville à Toulon. Dès lors c'est la fête: on échange nos souvenirs, on en vient à parler littérature, puis histoire, puis philosophie... Très sympa ce général, et très cultivé aussi. L'un ds l'autre, c bientôt ll'heure de la fermeture, j'ai juste le temps d'écrire un article pr ma revue de presse. Bilan: très bonne journée, gens sympas, du boulot, intéressant. Bref, ca devrait être bien.

Programme du soir: Miami vice et verre en ville.

Par Montgo - Publié dans : johnpowellnachdeutschland
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